jeudi 21 avril 2011
21/04/2011 21:39 par kisscool_35650
Jeudi 21 avril 2011, Marseillan
Je suis là, assise à mon bureau, j’attends que le temps passe. Que la journée finisse. Que la Terre arrête de tourner pour que je puisse descendre.
Alors que je suis là à boire un café presque froid, la machine de mon cerveau tourne à plein régime. Les questions fusent mais les réponses ne suivent pas. Que suis-je en train de faire de ma vie ? Comme un échec que je ne parviendrai pas à digérer, je n’arrive pas à reprendre le contrôle de ma vie, le contrôle de mes émotions, encore moins celui de mes actes.
Pour la première fois de ma vie je me sens vraiment seule, vers qui puis-je me tourner ? Sur quelle épaule je peux pleurer ? Une mauvaise passe difficile à traverser, et comme si cela ne suffisait pas mon esprit me joue des tours. Dans mes actions du quotidien celui-ci ne trouve rien de mieux que de me ramener à mes souvenirs d’enfance.
L’autre jour je nettoyais ma voiture au jet, et là je me suis revue gamine, avec mon petit frère on accompagnait mon père laver la voiture. On restait dans l’habitacle et on rigolait en voyant la mousse recouvrir les fenêtres et obscurcir la lumière.
Si quand on est triste on se remémore les meilleurs moments de sa vie, alors je crois que j’ai été une gamine très heureuse. Pas plus tard qu’hier, j’étais sur mon ordinateur, mes cheveux fraichement lavés dégageaient une odeur agréable de savon. Ce parfum m’a rappelé un souvenir. Quand j’étais plus jeune nous devions nous doucher et nous mettre en pyjama avant le repas du soir. Je nous revois encore, se serrant dans le canapé, en pyjama, chausson aux pieds, les cheveux humides, une odeur de shampoing nous entourait. Nous regardions la télévision pendant que ma mère mixait la soupe pour le repas. Ces souvenirs sont des petits feux qui brûlent en moi, ils illuminent et réchauffent mon corps et mon esprit.
Chaque jour je regrette de ne pas avoir connu d’avantage ce quotidien avec ma famille. Je me rattache aux peu de souvenirs que j’ai et imagine cette vie d’avant comme « parfaite ». Avec mes yeux d’enfant je n’est rien vu noircir cette image de la vie « parfaite » que nous menions comme une famille « parfaite ».
Un divorce déclaré trop tôt. Comme un cancer incurable, il a « briser » cette famille. Une chose que je ne pourrai jamais accepter, même s’il a fallu respecter cette décision difficile. Qu’est ce qu’on aurai du faire pour ne pas que cela arrive ? Etait-ce notre faute ? Un divorce ne peut pas être une fatalité. Dans mes souvenirs cela s’est passé très vite, j’ai le sentiment que la décision a été prise de manière trop hâtive, pas assez réfléchie. Les enfants ne se rendent pas compte et les parents ne partagent pas avec eux ces moments déjà pénibles à vivre pour eux.
Je croyais l’amour de mes parents éternel, je crois d’ailleurs que je me l’imagine toujours. Je suis grande à présent, mais je ne veux toujours pas me l’avouer.
Souvent je m’imagine ce qu’aurai pu être ma vie si ma famille « parfaite » de mes 10 ans n’avait pas été séparée par ce fichu divorce. Dans ma tête le tableau est le même. Toujours cette belle maison que le temps n’aurait pas abîmé. Ces poutres bleues soutenues par les couleurs des fleurs soignées avec attention. Le saule pleureur déversant sa verdoyante chevelure crépitant sous l’effet du vent. Cette maison transformer en gîte chaleureux où il serait possible de manger le poulet fermier, et de goûter aux confitures confectionnées ave les fruits du jardin. Naturellement gorgés de sucre, de soleil et d’amour.
J’imagine le cop réveillant l’âne Moustique à 7h le matin. Cet âne aimant se balader en carriole dans l’attelage faisait flotter une odeur de cuire dans le garage.
J’imagine mes parents s’aimante toujours. Ces regards complices, ces étoiles brilleraient toujours dans leurs yeux. Fière de ce qu’ils ont fait ensemble, fière de ce qu’ils font toujours ensemble.
J’imagine leur santé de fer, et le bien être des produits biologiques raviver leur cœurs battants vigoureusement.
J’imagine leurs sourires s’échangeant lorsqu’ils ont à garder leurs beaux petits enfants, se rappelant les années où ils étaient eux même jeunes parents.
J’imagine… Il vaut mieux que je cesse là. Inutile de se faire du mal inutilement. Je suis si égoïste. Je regrette juste que leur amour est faibli avec le temps. Croyant que 7 enfants avaient renforcée cet amour alors qu’en fait il l’a usé prématurément.
Je suis heureuse d’avoir connu cette « vie parfaite » au moins quelques années dans mon existence et je me dis qu’on devient faible si on reste trop longtemps dans une vie dorée. Tout du moins j’essaye de m’en convaincre. Si si, les difficultés nous rendent plus fort.
Ce qui est sûr, c’est que j’essayerai de trouver l’homme qui ferra que mes enfants ne connaîtront pas de divorce, même si c’est très à la mode. J’aimerais qu’avec mon mari je puisse accompagner mes enfants dans les grandes étapes de leur vie. Que je ne leur fasse pas vivre les quelques désagréments des enfants divorcés.
J’ai un pincement au cœur chaque fois que mes amis me disent des choses du genre »je vais au restaurant avec mes parents ce soir » ou « mes parents viennent me voir ce week end ». Je fais ces choses avec mes parents, mais séparément. Dire ces phrases là est devenu une fiction pour moi. Il m’a toujours été difficile d’accepter les conjoins respectifs de mes parents, même si avec le temps j’ai fais des efforts.
Depuis quand n’ai-je pas pleinement profité de mon père seul ? Pratiquer une activité seule avec lui ?
En écrivant ces mots je me rends compte à quel point je suis égoïste et immature.
J’ai la famille la plus extra ordinaire que l’on puisse avoir, il ne faudrait pas trop en demander.
Ce week end c’est Pâques, une fois de plus dans ma tête repassent les images de mes frères et sœurs et moi à la recherche des œufs en chocolat déposés par une cloche aillée.
Une fois de plus je ne serai pas avec eux pour partager ce moment en famille. Je m’en veux pour cela.
Je penserai fort à eux et j’essayerai malgré tout de garder le sourire.
Je crois que mon torchon de bêtises a atteint une taille suffisamment conséquente. Je retourne dans l’attente de l’arrivée de ma fin de journée.
Merci de m’avoir lu.
La Freizh
"C'est dans le mois de mars que tente de s'ouvrir L'anémone sauvage aux corolles tremblantes"
Alfred de musset
Jeudi 4 novembre 2010, Nancy
Ce soir vient en moi l’envie d’écrire, comme un soupire, un dernier mot à dire, un instant pour réfléchir. Mon regarde se perd à travers la fenêtre, j’y observe la vie qui se poursuit. Le sol humide de pluie, renvoie le halot de lumière qu’il reflète des diverses lumières de la rue. Cachés dernière écharpes et gros manteaux, les gens marchent d’un pas soutenu et engagé. Le froid les compresse, l’humidité les empresse. Un souffle de vent chatouille les arbres, les fait frémir, détachant ainsi quelques feuilles jaunit qui se couchent au sol après une majestueuse danse dans les airs.
L’automne est une belle saison si on sait où et quoi regarder. Parfois, souvent je dois même dire, je me surprend à admirer cette belle nature, s’habillant de son manteau coloré. Chaque feuille est comme un pixel, l’assemblage de ces pixels forme une harmonie étonnante et apaisante. Comme un tapis chaleureux formé par cette pluie de gros flocons tombés des arbres. D’ici peu ils seront entièrement nus. Ce qui me manque c’est la chaleur d’un feu de bois, le crépitement des buches, le balai dansant des flammes, la chaleur qui nous rougis les joues et fait cuire les châtaignes. Cela me manque car j’ai eu la chance de passer ainsi d’agréables moments avec ma famille. Un jeu de société, une tasse de chocolat chaud, un feu, alors que dehors le froid glace qui ose si aventurer et la nuit profonde s’est installé depuis déjà longtemps.
Un peu nostalgique de ces moments, un sourire se lis sur mes lèvres lorsque j’y repense. Ce soir le feu est remplacé par une bougie chauffe plat, et ma famille m’accompagne par l’intermédiaire d’une photo fixée au mur. Au moins je ne risque pas de perdre au Monopoly contre Vincent..
A l’écoute du murmure de la musique mon esprit divague, transporté par mes rêves, mes réalités, mes souvenirs.. Je me sens bien et pourtant je suis en train d’écrire, je crois que c’est la première fois que cela m’arrive.
La Freizh